Santé mentale, des stratégies pour améliorer le bien-être des élèves en classe
La santé mentale et le bien-être des élèves, comme des enseignants, n’est pas anecdotique, c’est une condition sine qua non à un bon apprentissage. Alors comment les favoriser ? Voici quelques pistes, stratégies et ressources à tester.
Revoir la Rencontre inspirante sur la santé mentale
Le 5 février, 60 classes ont échangé pendant une heure avec Jasmina Mallet, psychiatre. Elle a aidé les élèves de 8 à 12 ans à découvrir des repères concrets pour comprendre leurs émotions, déceler un mal-être et savoir où demander de l’aide.
Revivez la matserclasse climat scolaire et compétences psychosociales
Le 4 février dernier, nous donnions rendez-vous aux enseignants pour une salle des profs XXL, un temps de partage de solutions et d’outils concrets pour développer les CPS : les compétences psychosociales afin d’améliorer le climat scolaire. Arnaud Massonnie et Géraldine Aigle de l’équipe de Lili.cool ont apporté leur éclairage sur la question.
Les pratiques d’une coordinatrice ULIS pour favoriser la santé mentale des élèves
Coordinatrice d’une ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) à l’école élémentaire Clairbois de Rambouillet, Catherine Rochas accompagne douze élèves présentant des troubles des fonctions cognitives. Dans ce contexte, la santé mentale des élèves est un sujet indispensable : “Je dois tout le temps les mettre dans une situation de bien-être parce que sinon ils ne peuvent pas supporter la journée entière.”
Apprendre à reconnaître ses émotions
Pour Catherine Rochas, la première étape consiste à aider les élèves à identifier et comprendre leurs émotions. « Quand les enfants arrivent en classe, on travaille beaucoup sur la question : comment je me sens aujourd’hui ? », explique-t-elle. Cette étape est particulièrement importante pour certains élèves autistes, qui peuvent avoir des difficultés à reconnaître les expressions faciales ou à différencier des émotions comme la joie, la colère ou la tristesse.
Pour les accompagner, l’enseignante s’appuie sur des supports très visuels et concrets : jeux pédagogiques autour des émotions, roue des émotions ou encore échelles illustrées permettant de situer l’intensité d’un ressenti. La colère, par exemple, est matérialisée par un ballon rouge très gonflé. À mesure que l’élève retrouve son calme, le ballon « se dégonfle ».
Vous trouverez aussi des ressources sur cette thématique dans la Bibliothèque de ONE :
- Le Kit pédagogique Nabook Les Tout-cassés
- Un jeu de cartes inspiré du film Vice Versa pour organiser des débats et explorer les émotions créé par les élèves en master de l’Université de Lyon.
- Un cahier d’activités autour de la gestion des émotions et de la recherche de la sérénité.
- Découvrir et reconnaître les émotions à travers 10 chansons.
Vous pouvez aussi utiliser les humeurs des pandas de ONE.
Des exercices de respiration pour réguler les émotions
Identifier ses émotions ne suffit pas : encore faut-il apprendre à les réguler. Pour cela, Catherine Rochas utilise des exercices inspirés de la sophrologie et de la cohérence cardiaque. Cette technique de respiration consiste à inspirer et expirer sur un rythme régulier afin d’apaiser le système nerveux. « C’est très utile quand un élève sent la colère monter », précise-t-elle. Lorsqu’elle travaillait dans un collège, l’équipe éducative avait également fait intervenir un sophrologue. Les élèves participaient alors à des séances de relaxation d’environ trente à quarante-cinq minutes. Pendant ces moments de pause, les enfants ferment les yeux, prennent conscience de leur respiration et relâchent progressivement les tensions dans tout le corps avant de visualiser un endroit où ils se sentent bien. Certains enseignants enregistrent même les séances pour que les enfants puissent reproduire les exercices chez eux. Vous pouvez très bien le faire grâce à ONE et à son dictaphone.
Installer des rituels rassurants
La régulation émotionnelle passe aussi par la mise en place de routines sécurisantes. Dans la classe de Catherine Rochas, les exercices de respiration sont utilisés comme rituels de retour au calme à l’entrée en classe et en fin de séance. Autre élément essentiel : la prévisibilité du déroulement de la journée. « Les élèves ont besoin de savoir ce qui va se passer. » Pour cela, l’enseignante utilise un tableau très structuré indiquant les activités prévues toutes les demi-heures à l’aide d’étiquettes.
Le coin repos, un espace pour souffler
Malgré ces aménagements, il arrive que certains élèves aient besoin de s’extraire temporairement du groupe. Catherine Rochas a donc aménagé un coin repos équipé de fauteuils, de coussins et même d’une petite tente. Ils peuvent s’y reposer ou écouter de la musique. “J’ai des enfants qui à un moment donné ne supportent plus la classe. Ils peuvent se reposer, écouter de la musique et s’isoler dans la tente.”
Des sorties salutaires
Le bien-être des élèves passe aussi par l’activité physique et le contact avec l’extérieur. À l’école Clairbois, la proximité d’un bois et d’un jardin partagé permet d’organiser régulièrement des sorties. Une à deux fois par semaine, les élèves partent explorer ces espaces dans le cadre d’un projet nature : observation des graines, germination, découverte des fleurs ou encore visite d’une ferme pédagogique.
Les animaux pour favoriser le bien-être des élèves
Parmi les expériences les plus marquantes menées dans la classe figurent également des activités avec les animaux. Les élèves ont ainsi pu participer à des séances de poney dans un centre équestre voisin. « C’est vraiment génial, les enfants développent l’estime de soi et la relation à l’autre. J’ai vu des élèves changer complétement suite à des séances de poney. », témoigne Catherine Rochas.
L’enseignante a aussi constaté les bienfaits des rencontres avec les animaux lors d’une intervention en classe de médiation animale avec des chiens. “C’était superbe aussi. J’’ai des collègues qui ont des animaux dans leur classe, comme un chat, un hamster… Cela crée beaucoup de liens.”

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